C'est l'histoire d'un homme qui vivait dans son quartier avec sa famille, composée d'une mère, d'un père et de deux sœurs. Cependant, celles-ci avaient quitté le domicile familial : l'une avait acheté une maison, l'autre un appartement, chacune de son côté avec son mari.
Ils habitaient dans un appartement situé au quatrième étage d'un immeuble de sept étages, dans une grande ville du 93 : Pantin, aussi appelée le « nouveau Brooklyn ».
Ce surnom s'explique simplement par la présence de nombreux lieux culturels et artistiques à proximité de Paris. Plus précisément, à la porte de la Villette, où se trouvent la Philharmonie, le Zénith, le Cabaret Sauvage, la Cité des sciences et la Géode. Cet homme s'appelait Nicolas Doppia Julien, alias Nico DPP. Né à Montreuil, dans le 93, il aimait beaucoup passer du temps avec ses amis du quartier. Son parcours scolaire n'a pas été une grande réussite. Après avoir passé ses premières années de collège en banlieue, à Pantin (93500), il continuera sa scolarité de collégien dans un internat du 92, à Issy-les-Moulineaux, appelé Saint-Nicolas.
Dans sa ville, Nicolas passait le plus clair de son temps à se promener dans les rues accompagné d'un ami, alias Guile. C'était le genre d'ami sur lequel il pouvait toujours compter pour toutes sortes d'aventures : à vélo, en roller, en trottinette ou même en voiture. Nous avions grandi ensemble. Certes, nous fréquentions des établissements scolaires différents, chacun de notre côté. Nous avons vécu nos propres aventures, mais nous nous retrouvions toujours pendant les vacances ou les week-ends pour rejoindre notre bande de camarades. Nous étions six au total. Nous nous étions baptisés « la Famille Tease », pour la simple et bonne raison que nous avions découvert ensemble les plaisirs interdits de la vie : sortir en boîte de nuit, boire de l'alcool, fumer des cigarettes, draguer les filles… Bref, les déboires d'adolescents en pleine ascension. C'est ensemble que nous avons découvert le plaisir du poker. Des parties sans fin qui nous ont permis d'accueillir dans notre équipe deux nouveaux membres Alias : Lucky et Croco. Nous passions des soirées entières à faire la fête pour toutes sortes d'occasions, mais celle qui revenait le plus souvent, c'était le barbecue.
Mais revenons au plus important. Pendant ma scolarité à Saint-Nicolas, j'avais un camarade de classe qui m'avait rejoint lors de ma deuxième année de collège. J'étais alors en troisième lorsqu'un garçon de mon quartier est arrivé dans ma classe : alias NonThug. Je dois dire que j'ai été agréablement surpris. Je ne dis pas que je me sentais seul dans cet internat, car je m'étais fait des amis, mais cela faisait plaisir de voir un visage familier. Il faut dire que cet internat était fréquenté par des élèves issus de différentes classes sociales. Je peux donc dire que je fréquentais, en une seule journée, un peu tout Paris et toute l'Île-de-France. Cette deuxième année, j'avais décidé de ne plus dormir à l'internat. Je faisais donc l'aller-retour tous les jours. Il faut dire que le trajet était long, mais accompagné de NonThug, le voyage devenait beaucoup plus mouvementé et surtout très créatif. Je le voyais bien plus souvent que mon groupe d'amis du quartier. Nous avions les mêmes idées, les mêmes centres d'intérêt et une vision similaire sur de nombreux sujets. Pourtant, nos parcours scolaires étaient bien différents.
Tous les matins, nous prenions la ligne 5 à la station Hoche, puis nous changions pour la ligne 4 avant de prendre la ligne 12 en direction de Mairie d'Issy. Nous descendions, à la station Corentin Celton. À la fin de nos journées de cours, pour rentrer, nous faisions le chemin inverse. Nous passions par la gare Saint-Lazare avant de prendre le RER E en direction de Pantin. C'est après de nombreuses mésaventures dans ce train que nous avons eu une multitude d'idées créatives. La meilleure d'entre elles fut de créer une marque inspirée de Saint-Lazare. C'est ainsi qu'est née la marque Saint-L'As. Je peux dire que j'étais fier de cette idée, mais j'étais loin d'imaginer que, plusieurs années plus tard, je réussirais réellement à construire ma marque Saint-L'As. Entre-temps, je me suis découvert une passion pour le beatmaking grâce à de nouvelles rencontres. Avec elles, j'ai participé à la création d'une association culturelle et artistique.